28.4.16

Souffle léger.

J'aimerai être une authentique insomniaque. 
Écrire la nuit, toute la nuit. Dans ma cuisine. 
Sur cette table jaune mystique. 
Dans le calme ronronnant du réfrigérateur 
ou dans la chaleur oppressante de l'été, 
fenêtres ouvertes aux fous rires sorciers. 
Cette rue sera-t-elle toujours mienne ? 
Dans mes songes où d'autres sons viendront. 
Et je me serais peut-être envolée en bord de mer.
J'entends un autre souffle. 
Caché derrière celui des pages de son livre 
qu'il tourne. Encore et encore, silencieusement. 
Plus léger, presque ensommeillé. 
Surprise ! C'est mon double souffle. 
Celui qui s'est installé après cette angine 
tenace de la fin de l'hiver. Étrange impression fantôme.
Allongée sur le ventre, elle hume les herbes 
de provence. Four brûlant, effluves rôties 
et pommes de terre fondantes. 
Le chat vient s'asseoir sur ses fesses. 
Mon sourire revient. La magie d'un instant égaré 
à la malice de cette compagne féline.

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